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05/07/2019

Les Mobeurs du 06 ou les clés de la liberté

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06, département des Alpes Maritimes, la Mob fait recette. Facebook sert de lieu de rendez-vous et d’échange.
Année 1960/1970, quelles étaient les clés du paradis ? Avoir 14 ans et une Mob, et les portes de cette liberté Chérie s’ouvraient en grand. Les cheveux longs, la mini-jupe, le hula hoop, Che Guevara, le chemin de Katmandou ou la zénitude retrouvée, un vent de liberté souffle sur les us et coutumes. La jeunesse est boulimique. Elle a soif de connaitre, de savoir, de communiquer et de voyager. Après-guerre, en France, la société Motobécane a conçu un petit 50cc appelé Mobylette. Quinze ans après, par sa simplicité, sa rusticité et sa robustesse, elle a conquis toutes les couches de la population. A la ville, à la campagne, elle est partout, elle touche tout le monde, et même au-delà des frontières. De nos jours, la légende perdure. Depuis quelques mois, un groupe s’est constitué sur Facebook : les Mobeurs du 06. Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre à faire vivre cette communauté : Alexandre Lepin, l’instigateur et trois autres modérateurs : Jerome Dacquin, Franck Vivet et Thierry Commodini. Si une partie des membres sont des personnes qui ont connu ces années bonheurs, de nombreux jeunes sont venus grossir les rangs de ces nostalgiques : la Mob devient intemporelle. Alexandre Lepin, la trentaine, technicien informatique et créateur du profil du groupe sur Facebook est le premier surpris de l’engouement suscité par les passionnés de cyclos : « Internet, un formidable outil de communication. Pour ma part, ma mère était anti deux roues et n’a jamais voulu me faire confiance. Je n’ai donc eu ma première mob qu’à 25 ans. C’était le 102 Peugeot d’un copain militaire basé à Toulon, parti en opération, il me l’a laissé. Puis un 101, puis une bleue, puis… Pour les Mobeurs du 06, sans existence légale, le lien Facebook nous sert d’interface. C’est très pratique pour des renseignements techniques, des rendez-vous ou pour nous tenir au courant les uns des autres. Nous essayons d’être actifs. Cet été, nous avons fait l

e tour du barrage de Castellane. Nous avons participé à la Solex Cup de Sillans-la-Cascade, d’autres au rassemblement de cyclos à La Cassagne en Dordogne et dès qu’il y a une opportunité, on sort en bord de mer ou en montagne ». Franck Vivet, le mécano de la bande rajoute : « Lorsque l’on veut rouler beaucoup, il ne faut pas hésiter, lors de restauration mécanique, à privilégier des pièces de qualité. Il nous est arrivé au cours de nos pérégrinations de voir un carburateur neuf se fendre et nous étions à cent kilomètres de la maison ». Jérôme Dacquin a été contaminé par Franck Vivet : « Ma bleue me permet de rajeunir de 30 ans et de m’évader ». S’évader, depuis 60 ans, c’est le même mot qui revient, la petite bleue a encore de la route à faire.

Quelques membres des Mobeurs du 06 :

Double a.JPG

Un mouton à deux pattes et trois pattes
Je rends visite à Franck Vivet dans sa maison de Juan-Les-Pins. Je suis convié à un essai sur un bicylindre Mob : « Mon père, Fernand, est né à Barcelone, près de l’usine Derbi. Tôlier formeur de profession, il était passionné de moto. Il m’a donné son virus. Il m’a donné aussi le gout des choses bien faites. Au cours des années, j’ai équipé mon atelier d’un tour, d’une fraiseuse, des machines tournantes des années 70/80, d’une sableuse, poste à soudure et de tout ce qu’il faut pour travailler correctement. Je fais tout moi-même la peinture et la décoration. Un jour, j’ai décidé de créer une mobylette avec 2 moteurs couplés. J’ai opté pour un cadre de mobylette de type 50V que j’ai renforcé. Le plateau d’entrainement moteur en tôle a été remplacé par un en alu, usiné dans la masse. Les pédales ont été supprimées au profit d’un kick et de repose pieds. Les coupleurs de gaz et de starter sont faits maison en alu. Les assemblages des vilos sont réalisés avec précision et minutie pour éviter le vrillage. Les cylindres sont des Airsal de 75cc et les carburateurs, des Dell Orto de 15mm.
Pour le triple, sur un cadre de MBK Rock de 1987, les principes ne changent pas : plateau d’entrainement en alu, démarrage par kick, repose pieds et assemblage des vilos. J’ai mis 3 cylindres de 50cc, type origine et 3 carburateurs Dell Orto de 14mm. Pour l’allumage, il nous faut 3 étincelles à 120°. C’est donc un allumage batterie/bobines avec 3 rupteurs et 3 bobines de VFR 750. Le compteur de vitesse a été remplacé par un témoin de charge. La machine a une autonomie de 100km environ ».
Cours essai du bicylindre : la mise en marche avec le kick est sans problème. Un petit temps de chauffe, je tourne la poignée doucement. On sent la puissance du 149cc, méfiance les freins sont ceux d’une mobylette. On enroule du câble, quelques virages tout va bien c’est super. J’arrive devant une côte à fort pourcentage, j’envoie tout. La courroie ne glisse pas. Sans vibrer outre mesure, la pente est avalée. Encore un petit tour et on rentre au bercail.
Conclusion : On sent la puissance du moteur et la légèreté de la machine, une drôle d’impression.
 

Titouan 2.JPGTitouan Danton :19 ans, le Peugeot 103 MVL de 1983 qu’il pilote est celui de sa mère Isabelle. Elle l’utilisait pour l’amener à l’école dans le siège bébé.






Mathias 2.jpgMathias Luis : 17 ans, sur Motobécane 92GT est un accro de la mode vintage. Il collectionne les machines à écrire et possède une collection de 850 vinyles. Il vient de finir un tournage de film sur les années 76 en habit vintage de sa garde-robe personnel. Il a pris le virus avec son oncle, Gérard de Tarbes et répare ses mobs avec son grand-père, Henri, mécanicien et passionné de rallyes.  






Thierry 2.jpgThiéry Commodini a été bercé par les bruits de moteurs : « Mon père était un passionné de rallyes autos et motos. Ma chambre était tapissée de photos d’Ago et d’Estrosi. A 13 ans, j’ai travaillé la terre chez les potiers de Vallauris pour m’acheter un 103 Peugeot. Le dimanche en compagnie de mon copain Didier, on allait pique-niquer dans le grand pré de Saint Vallier dans le haut-pays grassois. Toute la semaine qui précédait, on en parlait, c’était une grande aventure. Le mariage, la famille, le travail, j’ai oublié le deux roues jusqu’au jour où j’ai récupéré un Solex : le tilt. J’ai pris quelques contacts avec les mordus du galet sur internet et le club Nikaïa Solex. Avec ce dernier, c’est de grandes randonnées qui ont été mises au programme : Nice-San Sebastien, Nice-Rome ou le Tour de Corse. Aujourd’hui, plus rien ne m’arrête, la boulimie. J’ai mon permis gros cube mais je n’éprouve pas le besoin d’avoir une grosse moto, même un 125. Je me suis payé un rêve, mon Graal : un 50 Derbi, réplique d’Angel Niéto avec lequel je fais des démos de course de côte. Maintenant, j’ai neuf cyclos et chacun a son caractère, c’est chaque fois un plaisir renouvelé ».

Fred 4.JPGFred Berthaume, un beau bébé d’un mètre quatre-vingt-dix, dépassant le quintal, est capitaine sur un yacht. Il est aussi collectionneur de deux roues : « Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vu ma grand-mère, Marcelle rouler sur un BB Peugeot. Si maintenant la Mob est une mode, à l’époque, c’était un utilitaire. Elle habitait la bourgogne et une fois elle a rallié la suisse avec ma mère, Christiane, âgée de 9 ans sur le porte-bagage. J’ai récupèré le Solex 5000 de 1972 de mon grand-père Maurice ainsi que la facture d’achat. Personnellement, mes parents ne voulaient pas que je fasse du deux roues, alors quand j’ai eu l’âge et les sous, je me suis rattrapé. La Mob, c’est un retour vers le futur. C’est un véhicule idéal pour la ville. A Antibes, je vais faire mes courses en mobylette attelée à une remorque. Les gens me prennent pour un fada mais je trouve qu’elle est tout à fait adaptée à un usage moderne. Elle passe sans encombre dans le flot de voitures. J’aime rouler avec ma SPR toute rouillée mais à la mécanique diabolique. Je m’amuse de voir l’air médusé des personnes que je viens de doubler ».

Photo 1.JPGLes trois mousquetaires de gauche à droite, Franck Vivet, Jérôme Dacquin, Alexandre Lepin et Thierry Commodini, les modérateurs de la page Facebook







Photo 2.jpgAu col de Vence








Photo 3.jpgLa nuit sur le port de Villefranche/Mer










Photo 4.jpgDans la campagne, au milieu des oliviers








Photo 5.jpgLes Mobeurs du 06 se congratulent après la course Solex a Sillans-la-Cascade








photo 6.jpgCourse Solex a Sillans-la-Cascade, un passage d’Alexandre Lepin










Photo 7.JPGDeux baroudeurs, Alain Migliore, à gauche et Michel Regoli, des mobs préparées, de vraies fusées. Ils sont allés montrer leurs talents au rassemblement cyclos à La Cassagne en Dordogne (près de 300 cyclos)






Photo 8.JPG18 ans, Jonathan Scanzaroli a volé le MBK Magnum Racing de papa mais motus.







Photo 9.jpgRassemblement à la bourse d’Opio








Photo 10.jpgAvec la mer pour décor








Triple b.JPGMobylette Triple

a/Esthétique de la MBK Rock triple
b/Moteur
c/A gauche, l’emplacement de la batterie et les 3 bobines de FZR
d/Voltmètre pour mesurer la charge de la batterie
e/ Franck Vivet bichonne son moteur
f/Atelier

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Mobylette double
a/Passage en roulant
b/Esthétique générale
c/ Liaison entre les vilos
d/ Plateau réalisé dans un bloc d’alu




Thierry
1/ Thierry en gilet fluo, au tour de Corse avec Nikaïa Solex,
2/En 50 Derbi réplicat Angel Nièto de 1969

Fred
1/ A 9 ans, de dos son grand-père, Georges
2/Dans un angle impossible sur sa SPR
3/a & b Sur un bateau, la place est de l’Or. Voilà ce que l’on peut faire avec un Ciao et que l’on est bricoleur : une trottinette
4/Fred avec sa Bleue attelée pour faire les courses

Mathias (17 ans)
1/Sur son AV92 GT
2/sur son Solex 5000 pendant le tournage d’un film
3/a/ Rencontre avec un Mobeur au long court. Depuis 10 ans, Claude Duru de Longueil-Annel
dans le département de l'Oise, sillonne l’Europe pendant ses vacances, son moyen de locomotion : la mobylette. Gréce, Portugal, Ecosse, Espagne, … rien ne l’arrête. Il parcourt parfois plus de 10.000km.
b/ Le chargement de la Bleue de Claude Duru

Titouan (19 ans)
1/Il y a quelques temps sur la 800 Honda pacific coast
2/Sur son 103 Peugeot MVL de 1983

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